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Université du Québec à Trois Rivières
Trois-Rivières, QC, G8Z
Canada

A wide overview of the art research and creation of the French Canadian Philippe Boissonnet. Art holography, digital photography, interactive installation, photo-performance, drawings, and more

ENTRE CIEL ET TERRE : LA LUMIÈRE

 

Du dessin à l’installation holographique, Boissonnet courtise la lumière explorant sa force pénétrante qui inquiète le voir. Il sculpte avec elle tout en réfléchissant sur sa puissance. L’artiste vise l’ambiguïté des processus de perceptions visuelles, leur extrême complexité pour mieux éclairer la relativité des points de vue, leur pluralité à travers un champ de représentation plus que fidèle. En partant si souvent du globe terrestre comme motif et modèle, sa démarche s’ouvre sur un terroir planétaire. Ça en déborde. Hors champ du traditionnel «beau paysage». Mais qu’éclaire l’œuvre de Boissonnet? Forme et/ou matière?  La lumière? La Terre? La Terre et nous? Les uns et les autres? De fait, ces installations holographiques et interactives d’où remontent plusieurs séries qui entremêlent dessins, photocopies et photographies questionnent l’une après l’autre, l’une en même temps que l’autre notre place sur la terre, notre rapport au monde, essentiellement piégé par la perception.

En adoptant le paradigme cartographique, Boissonnet “déterritorialise” le champ de la représentation qu’il accorde avec les technologies les plus audacieuses où circulent des flux lumineux, fabuleux, mythiques et physiques.  Dans la mouvance des courbes et des ellipses que Boissonnet cultive et célèbre, les images matérielles et immatérielles voyagent entre elles, rondes à souhait, connectant des espaces hétérogènes, amalgamant des médiums autrement étrangers. Tout en pointant l’aurore, il signale l’apocalypse de notre monde enserré dans un carcan géopolitique où sévissent guerre et déportation, pollution et surexploitation. Memento mori.  L’œuvre s’assombrit.  Pourtant ça s’illumine et scintille, ça s’éclipse, vacille et tremble, réfléchit et reflète dans l’ombre portée du temps, de l’histoire et de la mémoire qui s’accumulent, strates par-dessus strates.  Et puisque que «voir c’est avoir à distance» comme le disait Merleau-Ponty, nous voici riches d’un vibrant palimpseste, les yeux éblouis.  La lumière et les ténèbres s’intercalent. Boissonnet pratique cet art des passages rotatoires entre le détail et le panoramique, entrecoupant les vues icarienne et terrestre.  En regardant ses images planétaires, on voit passer la terre du très grand au très petit.  En même temps, dans cette vastitude semble résonner le plus intime, ici même. 

 

«Regarder la terre, c’est aussi se regarder car nous sommes la terre.»

Manon Régimbald (catalogue «Philippe Boissonnet 1982-2004 : un espace entre 2 temps», MACL, Canada, 2004, p.45